A la découverte du backgammon, une tradition libanaise

Aujourd’hui, je vous invite à découvrir le Liban dans un aspect à la fois ludique et culturel, au travers d’un jeu : le Backgammon.

Appelé couramment tawlé (ou « table » en arabe, le backgammon est un jeu de plateau oriental qu’on pourrait facilement assimiler à un jeu de dames qui se jouerait avec des dés. Véritable ancêtre des jeux de table, parmi tant d’autres, le plus vieux backgammon daterait (quasiment) de 5 000 ans.

Selon la légende, le tout premier jeu de table a été découvert près de la frontière sud-est de l’Iran, il y a environ cinq millénaires. Il s’agit essentiellement d’un jeu de parcours qui se joue sur un plateau avec des dés et des jetons. Arrivé plusieurs années après dans l’Egypte antique et la Mésopotamie, ces jeux de parcours traversent la frontière pour arriver jusque dans l’Empire romain, notamment dans sa partie moyen-orientale.

Chez les Libanais, on parle surtout de « tawlé » ou « table » en libanais. Mais le backgammon connaît aussi d’autres appellations comme le « tric-trac » en français.

De la même façon qu’on joue aux jeux de dés ou de cartes en France, le backgammon libanais est particulièrement prisé par les hommes d’un certain âge. Ils jouent souvent dans des petits cafés de quartier tout en fumant le narguilé, dans une ambiance très enfantine.

Un tablier en forme de mallette de bois sert de support de jeu pour le backgammon. Ouvert à plat, ce tablier donne accès à deux compartiments de 12 flèches chacun. Sur ce tablier évoluent deux ensembles de 15 pions (ou dames) de deux couleurs différentes. Pour les déplacer, les joueurs utilisent une paire de dés.

Pour gagner le backgammon, le joueur doit sortir tous ses pions du tablier en premier, après avoir parcouru le plateau.

Carrefour millénaire de plusieurs civilisations, le Liban a créé ses propres modèles de backgammon, visiblement inspirés d’influences étrangères. La variante la plus connue et la plus appréciée des Libanais s’appelle le « chesh besh » pour respectivement le chiffre 6 en perse et le chiffre 5 en turc. Les joueurs utilisent d’ailleurs des expressions tirées directement du dialecte turc tout le long du jeu.

On dénombre aussi d’autres variantes du jeu backgammon au Liban, dont le « mahboussé » qu’on traduit « prisonnière » en arabe.

Pour jouer au backgammon libanais, il suffit de se rendre dans un restaurant typiquement libanais proposant un tablier dédié. Vous en trouverez notamment à Al Falamanki, dans le quartier de Sodeco et à Raouché.

Certains restaurants de Hamra mettent aussi à l’honneur le backgammon. D’autres décorent même leurs murs d’une fresque murale montrant deux joueurs de tawlé.

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